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Interview « Polaroid » de Lord Esperanza

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La vérité c’est que les choses les plus importantes sont les choses les plus simples et en l’occurence le fait de voir l’admiration et la fierté de cette personne dans son regard, ça n’a pas de prix.

Urban Cult : Est-ce que tu peux te présenter?

Oui Lord Esperanza, dans la vingtaine, artiste parisien, et « Polaroïd » est disponible depuis le 27 octobre. 

Urban Cult : Pourquoi Lord Esperanza?

Esperanza ça vient de « Vendredi ou la vie sauvage » c’est un livre de Michel Tournier c’est le nom que donne Vendredi à l’ile, genre l’ile de l’espoir. J’ai rajouté Lord plus tard parce qu’il y avait une dualité dans mon personnage entre rap énervé, égotrip et rap introspectif et plus doux. J’avais envie de continuer à faire les deux donc je me suis dis que j’allais créer une dualité dans mon personnage.

Urban Cult : Pourquoi le titre « Polaroïd »?

C’est un projet que j’ai fait sur le court terme, que j’ai travaillé en 3/4 mois max et du coup c’est un projet très spontané et qui capture un instant comme un Polaroïd du coup j’ai eu l’idée de sélectionner ce nom.
En plus ça faisait aussi référence à l’univers rétro et photographique puisque c’est des éléments culturels qui m’intriguent et qui m’intéressent.

Urban Cult : Ces éléments là sont très mis en avant sur ton Instagram par exemple

Ouai, complètement. Bien dit, t’es le premier à le relever.

Urban Cult : Parle nous des featuring sur le projet, comment tu les as choisis ?

Shaby était déjà là sur « Drapeau noir« , c’est une fille qui a fait The Voice l’année dernière mais on s’était rencontré bien avant tout ça. Elle a juste une voix magnifique et est capable de tout faire donc je l’ai invitée sur « Maria », un morceau un peu salsa. Elle a également posé des voix sur le morceau « Anna ».

Après il y a Jill Romy sur « L’air du temps » qui est un gars à moi et qui très talentueux. C’est un gabonais d’origine, qui est assez engagé dans la défense de son pays et tout le contexte politique qui s’en suit…

Ensuite, il y a un featuring avec Nelick parce que c’est mon gars sur, qu’on a un groupe ensemble. Lui aussi en solo il commence à faire son bruit et c’est la famille.

Il y a aussi un feat avec Romeo Elvis, en terme de visibilité c’est le plus gros feat. C’est un belge qui fait beaucoup de bruit en ce moment. Ca s’est fait assez naturellement, il m’avait contacté il y a un an, on avait commencé à discuter et il m’avait invité à son concert à la Bellevilloise. Par la suite il m’a invité à faire la 1ère partie de son concert à la Maroquinerie et c’est à ce moment là je lui avais proposé un morceaux et il était chaud.

Pour finir il y a le morceau avec Anaika, qui est un ami à moi, sur le morceau « Sol d’étoiles ». Lui aussi a un gros potentiel en devenir, il a été approché par pas mal de belles enseignes. Il travaille notamment avec Dj Elite, le producteur de Nekfeu. C’est une grande fierté de l’avoir parce que je pense qu’il va bientôt exploser.

Après c’est surtout humain et je trouve qu’il a une voix de ouf.

Urban Cult : Je voulais revenir sur ton personnage, tu passes rapidement du coq à l’âne. Sur le titre « Maria » c’est une ambiance assez festive et ensuite « Tutoyer le ciel » où l’ambiance est plus street.

Comme je t’ai dit, j’aime autant les deux. J’ai pas envie de choisir ni que l’on dise que Lord Esperanza c’est qu’un truc street ou qu’un truc festif et chaud.
J’aime les deux, je fais les deux et c’est bien parce que ça touche des publics différents.
Y’a des gens qui m’écoutent pour le coté plus « Maria » comme les daronnes de mes fans qui kiffent ça et le coté plus trap, « Enfant du siècle », ça c’est plus les jeunes qui kiffent ce coté. Du coup c’est complémentaire.

Urban Cult : On a pas parlé des producteurs avec qui tu as travaillé sur « Polaroïd ».

Majeur Mineur, comme toujours, qui avait entièrement produit « Drapeau Noir », qui est présent sur 13 tracks sur 16. Il y en a certains qu’il a co-produit, d’autres qu’il a produit tout seul.

IBO et Sam H qui ont également co-produit la plupart des tracks. On est partis en séminaire de travail, on s’est posé et on a fait du son.

TattooinBeat pour « Maria » ils ont ramené plus de 8 instrumentalistes différents, truc de ouf, y’a un saxophoniste qui accompagne De La Soul quand il est en tournée en Europe, y’a des percussionnistes africains, y’a des bassistes sud-américains sur le morceau. En terme de prod, c’est vraiment un truc de ouf, j’avais jamais eu la chance de travailler avec des gens si compétents.

Jey Rock sur « Polaroïd » qui a fait une prod efficace, un peu tube. Il y a vraiment de tout et tous les gens qui ont travaillé sur ce projet ont vraiment apporté leur couleur et ça c’est chanmé de ouf.

Urban Cult : Est-ce que tu ressens une évolution par rapport à ton dernier projet ? Entre temps tu as dû avoir plus de demandes, tu es beaucoup plus visible aujourd’hui. 

En terme de statistiques c’est sûr. On est déjà à 2 millions de streams alors que c’est ce qu’on avait fait en 1 mois et demi sur « Drapeau noir » donc c’est sûr que les chiffres augmentent.
On est heureux de voir que tout ça grandit doucement mais surement.

Après, « Polaroïd » est moins cohérent parce qu’il y a plus d’expérimentation musicale mais il est plus complet. Chacun peut y trouver un peu son bonheur. Un des mes potes va plus kiffer les morceaux un peu trap, sa maman, elle, va préférer le morceaux « Sol d’étoiles » qui est plus une chanson que du rap. C’est un peu complémentaire quoi.

Urban Cult : Si tu devais me donner un top 3 des morceaux phares de cet album, quel serait-il?

« Oh Lord » parce que c’est devenu un Hymne, ce morceau me dépasse un peu. On l’a fait un peu en mode spontané et les gens kiffent. Même en live ça marche super bien.

« Anna » parce qu’il est grave personnel et qu’il parle d’une histoire que j’ai vécue avec une meuf et la drogue. Enfin, pas moi directement, mais c’est un truc en lien avec ma vie quoi.

« Sol d’étoiles » parce que c’est la chanson dont je suis le plus fier parce que c’est plus trop du rap grâce à la voix d’Anaika et la prod est très très épique et musicale. On a eu l’occasion de rentrer dans des sphères qui, pour moi, sont pas du rap mais encore autre chose. Ca devient de la variété, je sais pas trop, c’est un peu hybride. Mais j’en suis fier aussi parce qu’il est différent de ce qui peut se faire aujourd’hui.

La dernière fois y’a un mec qui m’a dit que grâce à ma musique il était en train d’écrire un film.

Urban Cult : Comment se passe ta tournée?

Excellemment bien. Merci à toi de demander. Tout va bien, y’a plusieurs scènes qui sont complètes, on a fait complet dans 4/5 villes déjà dont Paris. Ca c’est cool.
Y’a déjà une vingtaine de dates pour 2018 donc c’est lourd. On est pressé d’annoncer ça et d’aller au contact des gens. C’est vraiment un beau moment, c’est là où tu peux voir si ta musique de studio s’exporte bien.

Urban Cult : La communion avec le public c’est là que t’échanges vraiment avec eux, c’est là que tout se passe en vrai.

C’est ça, et à chaque fin de concert j’vais voir les gens. On a du merchandising mais au delà de ça, y’a des gens qui gens qui viennent juste prendre une photo, on discute un peu et souvent on me dit des trucs trop jolis.
La dernière fois y’a un mec qui m’a dit que grâce à ma musique il était en train d’écrire un film. Ca lui avait donné la force et ça pour moi c’est beaucoup plus beau que de savoir que j’ai fait tant de millions de streams. Ca on s’en fou, c’est anecdotique.

La vérité c’est que les choses les plus importantes sont les choses les plus simples et en l’occurence le fait de voir l’admiration et la fierté de cette personne dans son regard, ça n’a pas de prix.

Urban Cult : Merci pour cet entretien. Est-ce que tu voudrais rajouter quelque chose d’autre?

Merci à vous les gars, merci pour le temps, la mise en lumière et à bientôt!

Photos Jason Piekar